Chapitre 1

Chapitre 1

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Elline prit une grande respiration, puis, un par un, elle recopia chaque chiffre du bout de papier sur le clavier de son téléphone. Il n’y avait plus un bruit dans le salon, si ce n’était celui des voitures en contrebas dans la rue.

Les larmes lui montèrent aux yeux. Pourquoi ?

Elle ne pleurait pas de tristesse, non… Elle pleurait de peur. De peur qu’à tout instant, son monde s’écroule sous ses pieds. Que ferait-elle si jamais il la trompait vraiment ?

Avant qu’elle ne revienne une énième fois sur sa décision, la courageuse appuya sur le bouton « appeler ». Chaque fois que la sonnerie d’attente retentissait, son corps se crispait involontairement. Décroche, ne décroche pas, décroche… se disait-elle sans savoir ce qu’elle espérait vraiment.

— Allô ?

Une voix douce, féminine, lui parvint. Elline se sentit comme figée, elle n’avait pas réfléchi à ce qu’elle dirait si jamais c’était vraiment une femme qui décrocherait.

— Allô, allô ?

— Qui êtes-vous ? bredouilla-t-elle alors.

— Je m’appelle Iris, mais c’est plutôt à moi de vous poser cette question, non ? C’est vous qui m’avez appelée, comment puis-je vous aider ?

La jeune femme passa une main moite dans ses cheveux pour les ramener en arrière. L’inconnue au bout du fil n’avait pas l’air méchante, bien au contraire… Sa voix se voulait rassurante, et elle l’aurait sans doute été pour n’importe qui d’autre.

Mais pour Elline, chaque intonation, chaque prononciation lui faisait l’effet d’une corde qui se resserrait autour de son cou.

— Je… Comment connaissez-vous David ? finit-elle par demander, toute troublée qu’elle était.

Un silence pesant s’installa.

— Elline ?

Ce simple mot, prononcé avec tant de remords et de culpabilité, lui fit l’effet d’un poignard dans le cœur. La conversation aurait pu s’arrêter là, ces mois de doute et d’angoisse arrivant enfin à leur fin. Pourtant, elle allait devoir endurer la vérité, aussi horrible fût-elle.

Nayah !

Elline se retourna brusquement. D’où venait cette voix de femme, emplie de désespoir ? Elle regarda sa télévision pourtant éteinte, puis son portable. Non, ce n’était pas la fameuse Iris.

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