Chapitre 1
Chapitre 1
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Elline fixa le numéro, elle pressentit qu’elle n’aurait jamais dû le trouver.
La jeune femme souffla un grand coup, ses mains tremblotantes. Elle venait de faire quelque chose de grave. Elle avait fouillé dans les e-mails de son compagnon.
Impossible de savoir quoi faire de ce numéro. À chaque fois qu’elle s’apprêtait à l’appeler, elle se rétractait. Se levant d’un bond, elle partit dans la salle de bain et se mouilla le visage avec de l’eau froide.
Sa gorge serrée, elle se regardait dans le miroir. Des cheveux mi-longs, châtains, des yeux marron, un nez droit quoique trop grand à son goût, des lèvres pleines… Elline savait qu’elle était relativement belle et qu’elle pourrait très bien se retrouver quelqu’un rapidement, mais cette idée lui semblait insupportable.
Cela faisait deux ans et demi qu’elle vivait avec David. Dès le départ, leur histoire était partie du mauvais pied… Vivant une double vie entre son ex-compagne et Elline, il avait maintenu les deux relations ainsi jusqu’à ce qu’elle le découvre et qu’il finisse par la choisir.
Et depuis tout ce temps, il vivait à ses crochets. Certes, il avait décroché un petit travail dans la livraison de courriers deux mois plus tôt, mais cela ne couvrait que quelques frais.
La jolie Parisienne avait réussi à garder la tête hors de l’eau jusqu’alors, mais ces derniers temps, David avait changé. Il sortait fréquemment avec ses collègues, sans parler de l’argent qu’il dépensait aux bars. Puis il y avait ses nouveaux habits, plus chics et qui le mettaient en valeur, une nouvelle coupe de cheveux…
Elline tenta de lui parler de ce changement soudain, mais il s’était immédiatement braqué. « Tu ne vas pas me garder enfermée pendant une éternité ! Tu m’énerves avec ta paranoïa ! » lui avait-il dit d’un ton sec. Alors, elle préféra faire taire ses doutes et décida de lui faire confiance.
Si seulement David lui avait proposé de l’accompagner une fois de temps en temps, cela l’aurait tant touchée ! Mais non, car d’après lui, il était important qu’il ait ses amis bien à lui.
Hier soir, il était encore sorti. Le bel homme, aux boucles noires soigneusement coiffées, s’était habillé d’une chemise blanche qui contrastait avec sa peau plus foncée. Touchée qu’il lui ait demandé son opinion sur son apparence, elle le complimenta profusément.
